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Université Paris
13
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Département
d'études
des cultures et pays anglophones |
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UE03D=L1AN U3 1999-2000
Méthodologie
universitaire
EC1:
Initiation aux méthodes en Sciences Humaines
1re
séance
Toute production humaine
est analysable: objets, documents et représentations
A.
Introduction générale
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Analyse d'un objet économique et reconstitution de son environnement |
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Toute production humaine est analysable: objets, documents et représentations |
Reprise des concepts parcourus jusqu'ici. Les temps de l'histoire |
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Analyse d'images |
Exemples d'explication de texte |
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Analyse de textes |
Exemples d'explication de texte |
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Suite analyse de textes. Eléments de démarche comparatiste |
Exemples d'explication de texte |
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Démarche comparatiste, suite: Citoyenneté et communauté |
Composer un commentaire |
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Théories des représentations. Eléments d'analyse institutionnelle |
La ville et les groupes sociaux |
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En 1999-2000
Coefficient de l'EC1: 0,4.
Contrôle continu: Un devoir sur table en temps limité
= 100%. Durée: 1h30. Explication de texte dirigée à
rédiger en français.
Contrôle terminal: idem.
A partir de 2000-2001
L'enseignement étant désormais organisé en travaux
dirigés et non plus par un seul cours magistral, se reporter à
la brochure du département.
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1re
séance, 06/10/1999
Toute
production humaine est analysable: objets, documents et représentations
A.
Introduction générale
B.
Objets et documents: l'exemple d'une chaise
C.
Représentations: l'exemple des cartes
D.
Conclusions provisoires
E.
Bibliographie
F.
Crédits iconographiques
Le but de cet enseignement est de vous présenter de façon pratique des notions pourtant fort abstraites qui servent à l'étude de toutes les sociétés, y compris évidemment les sociétés anglophones. Nous prendrons la plupart de nos exemples dans le monde anglophone et surtout en Grande-Bretagne, si bien que le cours sera à bien des égards un complément ou un renforcement de la partie britannique de l'UE01D=L1ANU1, EC3. Nous ferons aussi des excursions hors du monde anglophone, en France ou ailleurs, pour y trouver soit des exemples plus frappants, soit des explications essentielles du fait des liens qu'entretient le monde anglophone avec le reste de la planète. Nous sortirons parfois du cadre chronologique de l'UE01D (XXe siècle).
Le recours à l'abstraction n'est pas la caractéristique d'esprits fumeux qui ne produiraient que du vent — même si le vent décoiffe, secoue, renverse, emporte. Le recours à l'abstraction est un outil spécifiquement humain qui permet de comprendre des choses nouvelles, absolument inouïes, radicalement étrangères à l'expérience antérieure. L'abstraction, c'est ce qui permet de savoir où l'on va trouver ce que l'on cherche, ce qui permet d'abord de savoir que chercher. L'abstraction, c'est ce qui permet de brûler des étapes, et donc d'en faire plus en moins de temps. L'abstraction est le bagage constant de ceux qui ont le sens pratique et qui ont sans cesse besoin, pour comprendre, de classer, de comparer, d'établir des liens entre les choses et les êtres.
L'abstraction est donc une capacité mûre en générale chez l'enfant dès l'âge de 12 ans (Piaget), mais plus ou moins cultivée selon les milieux, les époques, les régions du monde. Lorsqu'elle est en œuvre, cette capacité donne lieu à un processus et comme l'humanité a déjà quelques millénaires d'expérience derrière elle, le processus peut emprunter des procédures déjà établies, fondées sur un certain nombre de notions, de repères déjà reconnus — ce qui ne signifie pas que cela ne changera jamais, au contraire, car l'abstraction est créatrice d'idées nouvelles.
Ces notions abstraites, concepts et méthodes, sont le cœur d'une démarche qui tente d'être rigoureuse. En effet, ce qu'on appelle une démarche "scientifique" n'est pas réservée aux sciences dites "dures" appuyées sur l'expérience maîtrisée in vitro ou sur l'outil mathématique. Avec des logiques différentes, parce qu'infiniment plus complexes la plupart du temps, les disciplines humaines et sociales s'efforcent elles aussi d'avoir une démarche scientifique. Cela veut dire que nous définissons un objet d'étude à l'aide de concepts, cohérents entre eux et qui lui sont adéquats, nous formulons des hypothèses que nous nous efforçons de démontrer à l'aide d'un raisonnement fondé tout à la fois sur des données empiriques et sur une ou des méthodes d'investigation, de collecte et d'élucidation de ces données. Nous exposons le résultat de notre réflexion ou de notre enquête de telle sorte que le lecteur ou l'auditeur puisse à chaque instant connaître la démarche suivie et ses étapes, c'est-à-dire qu'il ait toujours le moyen d'en faire la critique, et en indiquant toujours quelles sont les sources employées, de telle sorte que le lecteur ou l'auditeur puisse aller les vérifier, puisse faire la critique de la façon dont on les utilise, en bref, de telle sorte que le lecteur ou l'auditeur puisse penser par lui-même — puisse éventuellement reprendre le même travail autrement, ou le poursuivre plus avant. C'est la liberté du lecteur/auditeur qui est en jeu.
Selon une tradition d'origine anglo-saxonne, les sources se divisent en deux catégories: les sources primaires et les sources secondaires. Les sources primaires sont les documents bruts directement produits par telle société à telle époque: objets matériels, documents écrits, sonores, visuels, archives de toutes sortes. Les sources secondaires sont les travaux "savants" produits par d'autres pour analyser cette société et cette époque à l'aide de sources primaires. Il y a des cas limites, bien entendu: par exemple la réflexion d'un sociologue d'aujourd'hui sur la société de son temps est une source secondaire, mais elle n'échappe pas aux contraintes de son époque, en témoigne à bien des égards et, à ce titre, est aussi une source primaire; ou encore, si j'étudie l'histoire française de l'histoire anglaise, c'est-à-dire la façon dont des historiens français ont traité de l'histoire anglaise, eh bien c'est le noyau de toute source secondaire qui devient la source primaire essentielle de mon étude. Ou encore, l'Art poétique de Boileau est aujourd'hui une source primaire sur le XVIIe siècle français, mais en son temps, c'était pour les écrivains une source secondaire, une réflexion savante sur leur pratique.
En tout cas, un travail sérieux indique toujours ce que sont ses sources: il cite entre guillemets, il donne des références bibliographiques. C'est une question de déontologie: respect pour le lecteur ou l'auditeur, respect aussi pour les auteurs auxquels on emprunte des idées ou des informations. Comme on l'a vu, c'est aussi une question de rigueur scientifique: il s'agit de donner au lecteur/auditeur un moyen de contrôle sur l'argument qu'on lui sert. Tout travail universitaire, qu'il s'agisse de celui d'un chercheur de haut niveau ou d'un étudiant de première année, obéit à cette règle (la seule exception étant dans le cas de l'examen ou du devoir - sur - table - en - temps - limité - sous - surveillance - et - sans - documentation, où l'on admet que vous puissiez ne pas connaître par cœur toutes les références utiles — mais si vous en connaissez, n'hésitez pas!).
Cette règle entraîne deux corollaires:
1. Il est interdit de citer un auteur sans reconnaître que c'est une citation. Si vous recopiez dans un devoir des passages d'un livre sans marquer où commence et où finit la citation, ni sans en donner les références, vous êtes dans le cas du plagiat, cette forme de vol où vous vous appropriez le travail d'un autre, suivi d'une escroquerie, puisque vous prétendez vrai quelque chose de faux afin d'obtenir un avantage (vous vous prétendez l'auteur pour obtenir une bonne note). Outre le fait que l'enseignant qui vous corrige a toutes chances de s'en apercevoir et que cela risque donc de faire assez mauvais effet sur la note, le plagiat, puisque c'est un vol accompagné d'une escroquerie, est un délit, une variante de la contrefaçon. Si l'auteur plagié est un(e) autre étudiant(e), le délit n'est pas moindre.
2. Il est obligatoire de ne jamais se contenter d'une seule source
car alors, vous seriez à l'égard de cette source dans un
état de dépendance qui limiterait votre capacité critique,
et ceci nous ramène au point de départ. En effet, chaque
ouvrage suit une méthodologie qui lui est propre, laquelle
repose sur des concepts, voire des a priori qui ne sont pas
forcément les vôtres: vous n'êtes pas obligés
de croire tout ce que vous lisez! Mais pour savoir que croire et ne pas
croire, il faut confronter des points de vue différents et se forger
sa propre opinion — d'où la nécessité de références
plurielles.
C'est la raison pour laquelle chaque séance du cours de l'UE01D=L1ANU1
est accompagnée d'une bibliographie qui comporte plus d'un titre.
C'est la raison pour laquelle ce cours-ci, UE03D=L1ANU3, est également
accompagné de nombreuses références. Même
vos enseignants ne doivent pas être crus sur parole!
Le travail universitaire est toujours un exercice de conviction et jamais un acte de foi — et j'espère vous en avoir convaincus.
Ceci étant posé, nous allons maintenant nous interroger
sur la façon d'aborder des documents bruts, des sources primaires.
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