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Constance BANTMAN
professeur agrégé
(Allocataire couplée ENS Lyon-Université Paris 13, 2003-2006)

 
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sujet de thèse - PhD dissertation on sous la direction de - supervised by
Anarchismes et anarchistes en France et en Grande-Bretagne, 1880-1914 :
Échanges, représentations, transferts
François POIRIER (Université Paris 13)

thèse soutenue le 24 mars 2007 à 9h30, salle C304, devant un jury composé de :

Cette thèse analyse les relations et les collaborations entre les mouvements anarchistes français et britannique entre 1880 et 1914. À rebours des travaux réduisant l’internationalisme anarchiste à des institutions formelles peu efficaces et polémiques, ou considérant le mouvement dans une optique strictement nationale et donc tronquée, les transferts idéologiques et militants entre ces courants sont détaillés. Le rôle et la densité des réseaux informels et des multiples canaux rendant possibles ces influences croisées sont soulignés, et notamment l’impact des colonies anarchistes françaises installées outre-Manche. L’importance de cet axe franco-britannique s’observe notamment à travers l’essor de la propagande anarcho-syndicaliste de la fin des années 1880 à la Grande Guerre, dans la mise en place de pédagogies libertaires ou de campagnes de protestations internationales. À travers le cas apparemment marginal des anarchistes, cette étude transnationale ouvre également de nouvelles perspectives pour une étude comparée de l’intégration ouvrière en France et en Grande-Bretagne dans les dernières décennies du long XIXe siècle. La réception du mouvement libertaire dans les deux pays offre enfin des perspectives privilégiées pour analyser les sociétés française et britannique de la fin du siècle à travers le prisme d’un groupe dissident et stigmatisé.

Mention très honorable avec les félicitations du jury à l'unanimité
 

Projet de thèse

Objet et problématique

Ce projet de thèse constitue un approfondissement et une extension du DEA effectué en 2001-2002 sous la direction de François Poirier à l’Université Paris 13, intitulé “ Les anarchistes français en Angleterre, 1880-1905 ”.

En 1881, au lendemain du premier Congrès Anarchiste International tenu à Londres en juillet, plusieurs compagnons français s’installent en Grande-Bretagne, où ils pénètrent diverses institutions anarchistes internationales. Logés dans des centres anciens de regroupement français (comme le quartier de Soho à Londres, ou les villes de Norwich, Glasgow, Nottingham ou Liverpool), ils y rejoignent certains des anciens communards réfugiés en Grande-Bretagne après 1871 et demeurés en exil malgré l’amnistie plénière dont ils ont fait l’objet en 1880. Dans les années 1890, et surtout entre 1892 et 1895, de véritables colonies anarchistes sont fondées en Grande-Bretagne, dans le contexte d’une répression légale suscitée par une vague d’attentats anarchistes qui contraint plusieurs centaines d’anarchistes à quitter la France pour la Grande-Bretagne, seul asile européen encore ouvert sans conditions à la fin du 19ème siècle. Parmi eux se trouvent des anarchistes convaincus et parfois célèbres, comme Louise Michel, Emile Pouget ou Charles Malato. Ils sont néanmoins en minorité à côté d’anonymes à l’engagement anarchiste parfois plus ambigu, puisque de nombreux déserteurs, réfractaires et truands en tous genres sont agrégés à ces réfugiés politiques. Cet exil se poursuit par vagues jusqu’en février 1895, date à laquelle l’amnistie déclarée par le président Faure permet le retour en France d’un nombre important d’exilés, sans néanmoins que disparaissent ces colonies françaises, ni que soient interrompus les contacts des compagnons avec la Grande-Bretagne et le mouvement anarchiste international qui y demeure actif jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Cet épisode de la Troisième République n’a reçu que peu d’attention de la part des historiens et civilisationnistes français, même si tous s’accordent à souligner l’importance de la proscription anarchiste dans l’évolution idéologique du mouvement après 1895. Jean Maitron a ainsi consacré quelques pages à l’apport politique des années d’exil dans son Histoire du mouvement anarchiste en France, 1880-1914 , tandis que François Bédarida a jeté les toutes premières bases d’une histoire des colonies anarchistes françaises et internationales réfugiées en Angleterre, dans un article intitulé “ Sur l’anarchisme en Angleterre ” . Néanmoins, l’histoire de la colonie française dite anarchiste en Grande-Bretagne a souvent été réduite aux noms de ses plus illustres membres, ou aux seules années 1892-95. Les abondantes archives françaises et anglaises consacrées aux colonies réfugiées en Grande-Bretagne n’ont reçu qu’un traitement superficiel, tout comme les publications individuelles et collectives des exilés français, puisque ces sources ont principalement été lues comme des documents annexes, plutôt que comme des témoignages sur une communauté dotée d’une histoire, d’une identité et d’une pensée politique autonomes. L’historiographie anglaise n’est guère plus prolixe sur le sujet, malgré la présence en Grande-Bretagne de forts contingents anarchistes venus de toute l’Europe à partir de 1880 (par ordre chronologique : Allemagne, Russie et Pologne, France, Italie, Espagne). Hermia Oliver  a certes décrit les milieux anarchistes de Londres à la fin du 19ème siècle, mais ces recherches n’étaient pas exclusivement centrées sur les milieux français, et ne traitaient pas des implantations en province. De même, l’ouvrage de référence de John Quail sur l’anarchisme anglais  passe rapidement sur les réfugiés français. Seul l’anarchisme des juifs d’Europe de l’est réfugiés dans l’East End londonien a été traité en profondeur.

Notre projet est de pallier cette lacune historiographique, et de retracer l’histoire politique et sociale encore largement méconnue de ces quelques centaines de personnes entre 1880 et 1914, c’est à dire entre la naissance officielle du mouvement anarchiste, qui marque également le début de la vague d’émigration française outre-Manche, et le début de la Grande Guerre, qui par le simple fait de la mobilisation générale et le patriotisme effréné qu’elle suscite, porte un coup quasi-fatal à l’organisation ainsi qu’à l’idéologie internationalistes. Au-delà de cette reconstitution factuelle, nous envisagerons ce travail comme une étude de cas sur la question de l’exil politique, impliquant une prise en compte de la dimension humaine, psychologique de l’émigration en même temps qu’une réflexion sur des problématiques plus strictement politiques, comme la thématique du droit d’asile et de ses limites, ou celle de l’activité militante des réfugiés. Une démarche comparative permettra de montrer la spécificité de cet exil, ainsi que ses limites.

Axes de recherche

La première étape de notre recherche relève de la biographie de groupe et de l’histoire des représentations politiques. Elle consistera à mettre au jour les destins enfouis d’individus qui furent décrits en bloc comme de dangereux anarchistes, et à faire apparaître les nombreux sous-groupes structurant en réalité cette colonie émigrée. Une première typologie des profils sociaux des exilés pourra être effectuée en croisant diverses sources ; elle mettra en évidence la coexistence dans les colonies françaises en Grande-Bretagne d’anarchistes sincères et actifs, et d’individus en réalité non liés au mouvement libertaire, comme les réfractaires, déserteurs, proxénètes et escrocs ayant eux aussi fui la France. Ces distinctions permettront d’inventorier et de croiser des destins d’émigrés d’une grande richesse, allant du cas majoritaire d’exilés politiques obnubilés par le retour au pays natal, seul lieu envisageable de l’action politique, à l’histoire de ceux qui, sortant de l’enfermement communautaire de ces cercles immigrés, choisirent de ne pas regagner la France et finirent par s’angliciser ou par poursuivre leur exil en Amérique. L’enjeu de cet inventaire est une interrogation sur les problématiques de l’intégration: comment ces comportements contrastés peuvent-ils être expliqués ? Quelles sont les entraves à l’intégration émanant des immigrés eux-mêmes, de la façon dont il se constituent en réseaux ? On peut par exemple s’interroger sur le rôle d’un engagement politique centré sur la France, sur la prégnance de leurs liens affectifs avec leur pays d’origine, leur absence de contact avec la population et les institutions anglaises, leur isolement linguistique, c’est à dire sur l’ensemble des facteurs sociaux et culturels entravant l’intégration. Il faudra également identifier les obstacles ou au contraire les facteurs favorables imputables à la société britannique elle-même.

Une fois ces données biographiques “ objectives ” établies, nous pourrons nous interroger sur la manière dont l’imaginaire entourant les réfugiés les déforment, en analysant les stéréotypes projetés sur ces derniers par les observateurs extérieurs, et en se demandant comment les exilés eux-mêmes, dans un effort d’assimilation ou au contraire de provocation, d’affirmation de leurs convictions politiques ou de leur appartenance nationale, se conforment à ces attentes ou les déjouent. Le jeu complexe des représentations fantasmées de la colonie et les distorsions imaginaires qui en résultent seront analysés. La dialectique subtile entre l’attitude de la communauté émigrée, le regard de la société hôte et celui de la société d’origine sera étudiée, dans un effort pour montrer les ambiguïtés identitaires inhérentes au statut des réfugiés français, du fait de leur situation d’exilés et de leur marginalité politique, ambiguïtés qui illustrent et expliquent leur réception outre-Manche, leur perception en France, et les divisions à l’œuvre au sein de la communauté exilée .

Nous nous interrogerons ensuite sur les modalités de la vie politique en exil. Notre souci sera de ne pas nous restreindre à une biographie des théoriciens les mieux connus, et de ne pas verser dans une histoire de la pensée anarchiste, c’est à dire de rendre compte des contacts individuels qui illustrent et expliquent les dissensions comme les synergies politiques au sein du mouvement exilé en Grande-Bretagne. Les sociabilités locales et internationales des compagnons réfugiés outre-Manche constitueront donc un axe d’étude essentiel; nos principales sources seront les écrits politiques des théoriciens exilés en Grande-Bretagne, ainsi que les journaux publiés dans le monde entier par des anarchistes français exilés, qui permettent de faire apparaître les différentes tendances politiques de la colonie réfugiée en Grande-Bretagne et d’esquisser la carte de ses ramifications internationales . Les rapports d’espions décrivant la vie quotidienne et les activités politiques de notre communauté pourront enfin être mis à profit. Les limites de l’internationalisme professé des théoriciens anarchistes français pourront être analysées en situation réelle: on s’interrogera sur les contacts des compagnons français avec leurs confrères anglais et avec les autres colonies anarchistes réfugiées outre-Manche, ainsi que sur la densité de leurs liens avec les compagnons français demeurés au pays ou exilés dans d’autres lieux. En d’autres termes, il s’agira de replacer le mouvement anarchiste français dans son cadre international constitutif et, réciproquement, de proposer une évaluation des contributions françaises à la pensée libertaire, tout en montrant les résurgences patriotiques qui limitent ces échanges internationaux. Nous évaluerons également les transferts idéologiques rendus possibles par le séjour anglais, en étudiant le rôle de la colonie émigrée dans l’histoire anarchiste entre 1880 et 1914. Il faudra alors se demander si elle joua bien le rôle central qui lui fut si souvent imputé dans l’organisation des attentats anarchistes qui frappèrent l’Europe entre 1880 et 1905.  De même, la place des compagnons exilés dans la genèse de l’anarcho-syndicalisme, du militantisme dreyfusard puis de la propagande anti-militariste internationale devra être examinée.

Enfin, notre regard se déplacera des réfugiés eux-mêmes vers leur milieu d’accueil, pour étudier le cadre légal et polémique de l’exil anarchiste. Nous tenterons d’expliquer la tolérance alors unique en Europe dont jouirent les exilés français, et de la replacer dans le contexte de l’idéologie libérale diffuse alors dominante en Grande-Bretagne. C’est en effet par l’érosion progressive de l’idéologie du droit d’asile politique, qui constituait un aspect essentiel de ce consensus libéral, que doivent être interprétées à la fois la relative indifférence puis l’hostilité croissante rencontrées par les immigrés français : si la politique d’accueil des réfugiés continentaux remontant à la Réforme et consolidée durant tout le 19ème siècle fut poursuivie jusque dans les deux dernières décennies du règne de Victoria, nombreuses furent aussi les manifestations de rejet à l’encontre des exilés en Grande-Bretagne, notamment dans les années 1890, où furent menées contre les compagnons français plusieurs campagnes de presse diffamatoires, qui furent relayées par des émeutes spontanées, et surtout par l’émergence d’un parti “ restrictionniste ” prônant l’expulsion des réfugiés français et internationaux. Le mythe d’une hospitalité britannique sans réserves émanait en réalité des réfugiés français, qui sans autre forme de débat opposaient la générosité anglaise à la décomposition idéologique française, ainsi que d’une presse conservatrice française vaguement anglophobe, désireuse de représenter la Grande-Bretagne comme une ennemie trop heureuse d’abriter les plus redoutables adversaires de la jeune République Française. Pour restituer la complexité du débat public sur l’exil anarchiste, il sera donc nécessaire de retracer, de périodiser et d’expliquer les oscillations de la réception anglaise, qui fait alterner phases de tolérance et de réprobation, et de montrer une fois de plus les réinterprétations dont font l’objet ces prises de position initiales dans un contexte national et international. Les tensions révélées par le débat sur l’exil anarchiste permettront alors de s’interroger sur le lien entre le déclin de l’idéologie du droit d’asile et le recul à la fois réel et fantasmé de la puissance britannique sur la scène internationale à partir de la Guerre des Boers.

Intégration à une équipe de recherche

Le mémoire de DEA sur lequel s’appuie ce projet de thèse a été effectué dans le cadre de la formation doctorale "Relations interculturelles anglophones et francophones", appuyée sur le CRIDAF (Centre de recherches interculturelles sur les domaines anglophones et francophones, équipe d'accueil EA 453) à l’Université Paris 13, et c’est à la lumière de cette expérience fructueuse que nous demandons notre affectation au sein de cette équipe. Ce choix est motivé par notre intérêt pour la thématique des échanges culturels franco-britanniques, qui constitue un des principaux axes de recherche de cette équipe d’accueil, longtemps pionnière dans ce domaine. Nous pensons notamment tirer un grand profit de la pluri-disciplinarité de ce laboratoire, dont la démarche, comme la nôtre, exige le recours à différentes sciences humaines (littérature, langues vivantes, histoire, sociologie); les enseignements que nous y avons reçus nous ont permis de définir une méthodologie claire et rigoureuse pour aborder la problématique de l’exil à partir de ces différentes perspectives. La présence dans notre jury de DEA de Laure Godineau, maître de conférences en histoire à Paris 13, témoigne du succès de cet effort, ainsi que des possibilités de collaboration au sein de l’école doctorale “ Vivant et Sociétés ”, où travaillent des historiens dont les recherches convergent avec les nôtres, comme Jacques Girault et Laure Godineau, spécialistes de l’histoire du mouvement social en France. Les perspectives de recherches croisées dans le cadre du CRIDAF sont également nombreuses : plusieurs doctorants effectuent en ce moment dans le cadre de cette équipe d’accueil des recherches sur des thèmes adjacents au nôtre. François Poirier, qui dirige nos recherches, est spécialiste du mouvement social anglais et des échanges franco-britanniques, et Hubert Perrier, qui est associé au CRIDAF, a mené des recherches sur les anarchistes français exilés aux Etats-Unis au 19ème siècle.

Eléments de bibliographie

Sources

Sources manuscrites

Archives de la Préfecture de Police de Paris

BA 1505. “ Conséquences de la loi d’amnistie du 1er février 1895 en ce qui concerne les    anarchistes. ”. Procès des Trente.
BA 1508. Groupes anarchistes du 20ème arrondissement et activités anarchistes en Angleterre.
BA 1509. Anarchistes à l’étranger (Angleterre).
BA 1510. Anarchistes à l’étranger (Angleterre, Belgique, Allemagne).

Archives nationales

F7 12504. Organisation anarchique, 1882-1898.
F7 12506. Listes d’anarchistes. 1892-1902.
F7 12509. Surveillance des anarchistes, 1893-1894.
F7 12518. Manifestes révolutionnaires et anarchistes, 1881-1913.
F7 12522. Congrès en France et à l’étranger, 1876-1902.
F7 12722. Police générale, mélanges. Surveillance des anarchistes. 1902-1916.
F7 12904. Anarchistes,1898-1914.
F7 12641 à 12646. Espionnage et sécurité publique. 1887-1917.

Archives départementales de la Loire

19 M11, 19 M12. Dossiers anarchistes individuels de 1894 à 1900.
19 M18. Les anarchistes et l’Affaire Dreyfus.
19 M24 à M29 et 19 M33, 19 M34 : Les anarchistes et les antimilitaristes de 1907 à 1913.

Archives anglaises

CAB 37/ 60/ 20. Measures against Anarchists. 1902.
FO 83/ 1970. Conference on Anarchists. 1899-1904.
FO 881/ 7179. Anti-anarchist conference held at Rome in 1898.
HO 144/ 258/ A55684. Anarchist Publications Intended for Distribution Abroad. 1894
HO 144/ 545/ A 55176. Disturbances: International Anarchists. 1893-1905.
HO 144/ 587/ 2840C. Foreign Anarchists coming to UK. 1892-1906.
HO 144/ 668/ X84164. Aliens: Control and Supervision of Foreign Anarchists in UK.

Sources imprimées

Presse anarchiste française imprimée en Angleterre (par ordre chronologique)

L’International. Mai 1890-91. 8 n°.
La Tribune Libre. 15 novembre 1890-mars 1891. 4 n°.
Le Rothschild. Paraît à partir du 15 juin 1891. 3 n°.
Le Tocsin. Décembre 1892-1894. 9 n° parus à dates irrégulières, dont plusieurs en placards.
Le Père Peinard. Série londonienne. Septembre 1894- janvier 1895. 8 n°.

Publications des autres colonies françaises émigrées

-à Buenos Ayres : La Liberté
           Le Cyclone (1895)
-aux Etats-Unis : Le Réveil des Masses (1889-1890)
       Le Réveil des Mineurs (1890-92)
       La Crise Sociale (New York, 1891)
       L’Ami des Ouvriers (1894-96)

Presse anarchiste anglaise

The Alarm. Juillet-décembre 1896.
The Anarchist. Mars 1885-août 1888.
The Anarchist. Paraît à partir de mars 1894. 17 n°.
The Anarchist Labour Leaf. Londres, 1890. 4 n°.
Commonweal. Février 1885-mai 1894.
Freedom. Octobre 1886- 1914 (ne devient anarchiste qu’en 1889).
The Herald of Anarchy. Octobre 1890- février 1892.
Liberty. Janvier 1894- décembre 1896.
The Sheffield Anarchist. Sheffield. Paraît à partir de juin 1891. 10 n°.
The Torch. 1891- septembre 1893. Nouvelle série du 15 juin 1894 au 1er juin 1896.

Journaux de la colonie anarchiste allemande de Londres

Freiheit. Janvier 1879- décembre 1881.
Die Autonomie. 1886-93.

Mémoires, correspondances et autobiographies

ANDRIEUX, Louis. Souvenirs d’un préfet de police. Paris, Jules Rouff & Cie, 2 vol., 1885.
GRAVE, Jean. Quarante ans de propagande anarchiste. Paris, Flammarion, 1973.
       Le Mouvement Libertaire sous la 3ème République. Souvenirs d’un Révolté. Paris, Les Œuvres Représentatives, 1930.
KROPOTKINE, Pierre. Memoirs of a Revolutionist. Londres, The Folio Society, 1978 (1908).
MALATO, Charles. De la Commune à l’anarchie. Paris, Stock, 1894.
     Les joyeusetés de l’exil. Paris, Stock, 1897.
MICHEL, Louise.
Je vous écris de ma nuit : correspondance générale de Louise Michel. 1850-1904. Paris, Editions de Paris, 1999.
 Mémoires de Louise Michel par elle-même. Paris, F. Roy, 1896.
 Histoire de ma vie, seconde et troisième parties. Lyon, PUL, 2000 (1904).
ROCHEFORT, Henri. Les aventures de ma vie. Vol. 5, Paris, Paul Dupont, 1896.
ROCKER, Rudolf. The London Years. Londres, Robert Anscombe & Co, 1956.
SWEENEY, John. At Scotland Yard. Londres, Alexander Moring Ltd, 1905.

Ouvrages théoriques contemporains consacrés à la question anarchiste

LATOUCHE, Peter. Anarchy!  Its Methods and Exponents. Londres, Everett & Co, 1908.
VIZETELLY, Ernest A.. The Anarchists. Londres, John Lane, 1911.
HART, W. C.. Confessions of an Anarchist. Londres, Grant Richards, 1911 (1906).
SCHAACK, Michael J. Anarchy and Anarchists. Chicago, FJ Schulte & Co, 1889.
WHITE, Arnold.(dir.) The Destitute Alien. Londres, Swan Sonnenschein & Co, 1892.

Ouvrages de fiction

CONRAD, Joseph. The Secret Agent. Londres, Everyman’s, 1974 (1907).
JAMES, Henry. The Princess Casamassima. Harmondsworth, Penguin, 1998 (1886).
MEREDITH, Isabel. A Girl among the Anarchists. Londres, Duckworth & Co, 1903.
ZANGWILL, Israel. Comédies du Ghetto. Leipzig, Bernhard Tauchnitz, 1907.

Etudes

Synthèses bibliographiques et usuels

CORDILLOT, Michel (dir.). La Sociale en Amérique. Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux Etats-Unis (1848-1922). L’Atelier, Paris, 2002.
JOSE, Jim, NURSEY-BRAY, Paul, WILLIAMS, Robyn, Anarchists Thinkers and Thought. An annotated bibliography. NY Greenwood Press, 1992.
FAUVEL-ROUIF, Denise, GAILLEMIN, Janine, SOWERWINE-MARESCHAL, Marie-Aude et RICHET, Diana, L’Anarchisme. Catalogue de Livres et Brochures des XIXème et XXème siècles. Paris, K.G. Saur, 1982.
NETTLAU, Max. Bibliographie de l’anarchie. Paris, Stock, 1897.
MAITRON, Jean (dir.) Dictionnaire Biographique du mouvement ouvrier français. 2ème partie (1864-71) et 3ème partie (1871-1914). Paris, Les Editions Ouvrières, 1973-7.

Histoire du mouvement et de la pensée anarchistes

BEDARIDA, François. “ Sur l’anarchisme en Angleterre ”. In Mélanges d’histoire sociale offerts à Jean Maitron. Paris, Editions Ouvrières, 1976.
FINDLAY, William. Eléments et considérations d’ordre chronologique, biographique et bibliographique pour une étude comparée du syndicalisme révolutionnaire français et britannique des origines à la première Guerre Mondiale. Université Paris I, 1983, 3 vol.
Freedom, a Hundred Years. Londres, Freedom Press, 1986.
GUERIN, André. L’anarchisme, de la doctrine à l’action. Paris, Gallimard, 1965.
JOLL, James. The Anarchists. Londres, Eyre and Spottiswoode, 1964.
MAITRON, Jean. Histoire du mouvement anarchiste en France, 1880-1914. 2 vol., Maspero, Paris, 1975.
MALATO, Charles. “Some anarchist portraits”. Fortnightly Review CCCXXXIII, 1/ 09/ 1894.
NATAF, André, La vie quotidienne des anarchistes en France, 1880-1910. Paris, Hachette, 1986.
NETTLAU, Max, A Short History of Anarchism. Londres, Freedom Press, 1996.
OLIVER, Hermia. The International anarchist movement in Late-Victorian London. Londres, Croom Helm, 1983.
ORIOL, Philippe. “  Ravachol saint et martyr ”, in Pessin, Philippe et Terrone, Patrice, éd., Littérature et anarchie. Toulouse, Presses Universitaires du Mirail.
PESSIN, Alain. La rêverie anarchiste, 1848-1914. Paris, Librairie des Méridiens, 1982.
QUAIL, John, The Slow Burning Fuse: the Lost History of the British Anarchists. Londres, Paladin Books, 1978.
VARIAS, Alexander. Paris and the Anarchists: aesthetes and subversives during the fin de siècle. Basingstoke, Macmillan, 1997.
WOODCOCK, George. Anarchism. A History of Libertarian Ideas and Movements. Harmondsworth, Penguin, 1975 (1962)

L’Angleterre face à l’immigration, les Français face à l’Angleterre

BENSIMON, Fabrice. Les Britanniques face à la Révolution Française de 1848. Paris, L’Harmattan, 2000.
COTTRET, Bernard. Terre d’exil : l’Angleterre et ses réfugiés français et wallons, de la Réforme à la Révocation de l’Edit de Nantes, 1550-1700. Paris, Aubier, 1985.
GERBOD, Paul. Les voyageurs français à la découverte des îles Britanniques. Paris, L’Harmattan, 1995.
JENSEN, Richard Bach ‘The International Anti-Anarchist Conference of 1898 and the Origins of Interpol’. Journal of Contemporary History, vol. 16, 1981. pp. 323-47.
FISHMAN, William J. East End Jewish Radicals, 1875-1914. Londres, Duckworth, 1975.
GAINER, Bernard. The Alien Invasion. The Origins of the Aliens Act of 1905. Londres, Heinemann Educational Books, 1972.
HOLMES, Colin. John Bull’s Island, Immigration and British Society, 1871-1971, Londres, Macmillan, 1988.
HOLMES, Colin (éd). Immigrants and Minorities in British Society, Londres, Allen and Unwin, 1978.
LASSALLE, Didier. Les relations interethniques et l’intégration des minorités au Royaume-Uni : Théories et Pratiques. Paris, L’Harmattan, 2002.
MARANDON, Sylvaine. L’image de la France dans l’Angleterre Victorienne. Paris, Armand Colin, 1965.
MARTINEZ, P.K. “ Communard Refugees in Great Britain”. Thèse de doctorat non publiée, University of Sussex, 1981.
PORTER, Bernard. The Refugee Question in Mid-Victorian Politics. Cambridge, CUP, 1979.
THOLONIAT, Richard. Londres vue par les voyageurs français au XIXème siècle (1814-1914). Thèse pour le Doctorat d’Etat, Université Lyon II.
SHPAYER-MAKOV, Haia. ‘Anarchism in British Public Opinion, 1880-1914’. Victorian Studies, 1988.

Etudes biographiques

FLEMING, Marie. The Anarchist Way to Socialism. Elisée Reclus and Nineteenth-Century Anarchism. Londres, Croom Helm, 1979.
AVAKUMOVIC, I. et WOODCOCK, G.. The Anarchist Prince: A Biographical Study of Peter Kropotkin. London, Boardman, 1950.
THOMPSON, Edward P. William Morris. From Romantic to Revolutionary. Londres, Lawrence and Wishart, 1955.
DE GOUSTINE, Christian. Pouget, les matins noirs du syndicalisme. Paris, Editions de la Tête de Feuilles, 1972.

Méthodologie

BADIA, Gilbert (et al.). Les barbelés de l’exil : études sur l’émigration allemande et autrichienne (1938-1940). Grenoble, Presses Universitaires de Grenoble, 1979.
DE CERTEAU, Michel. L’invention du quotidien. Paris, Union générale d’éditions, 1980.
GIRARDET, Raoul. Mythes et mythologies politiques .Paris, Seuil, 1986.
KHELLIL, M. Sociologie de l’intégration. Paris, PUF, Que Sais-Je ?, 1997.
LE GOFF Jacques (éd.). La Nouvelle Histoire. Paris, Complexe, 1988 (1978).
NOIRIEL, Gérard. La tyrannie du national : le droit d’asile en Europe (1793-1993). Paris, Calmann-Lévy, 1991.
Racisme et xénophobie en Europe. Une comparaison internationale. Wieviorka, Michel (dir) Paris, la Découverte, 1994.



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