Entretiens
Entretien entre Michael Haneke et Benjamin Stora in l’hebdomadaire La Vie, 4 octobre 2005, à propos du film "Caché".
Prix de la mise en scène au Festival de Cannes de 2005, Caché, est un saisissant thriller psychologique. Mais aussi une œuvre qui nous invite à revisiter notre passé. En particulier la guerre d’Algérie. Le jury du Festival de Cannes 2009 lui attribue la Palme d’Or pour Le Ruban blanc, son premier film en costumes et en noir et blanc qui narre le basculement d'une société villageoise allemande dans l'obscurantisme à l'aube de la première guerre mondiale. Le jury du Festival de Cannes 2012 lui remet une seconde Palme d'or pour Amour, avec Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.
« Surtout ne réduisez pas « Caché » à une œuvre sur le passé colonial de la France ! » C’est par cette supplique que Michael Haneke ouvrait sa conférence de presse, lors du dernier Festival de Cannes. Il n’empêche, si « Caché » – récompensé par le Prix de la mise en scène et le Prix du Jury œcuménique — dépasse, et de loin, le film à thèse, si son propos universel excède le cadre hexagonal, la guerre d’Algérie est bien là qui rôde à l’arrière plan avec son cortège de fantômes. D’où notre envie de montrer « Caché » à Benjamin Stora, historien, né à Constantine, professeur d'Histoire du Maghreb à l'INALCO et à Paris 13, mais aussi cinéphile averti, passionné par la place des images dans la mémoire collective (1). Dialogue. A lire de préférence après avoir vu le film, si l’on tient à respecter la deuxième requête de Michael Haneke : « Par pitié, ne dévoilez pas l’histoire aux spectateurs »...
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Benjamin Stora : Mémoire, fracture et reconstruction. Par Jacques Salomon in L'Arche | 23/06/2011 |
Né à Constantine, auteur de nombreux ouvrages, dont Les trois exils juifs d’Algérie, l’historien évoque ses souvenirs de famille, son analyse de la période, et répond aux questions de l’Arche.
l’Arche : Vous êtes spécialiste de l’histoire du Maghreb, vous avez consacré une vingtaine d’ouvrages à l’Algérie. On s’aperçoit, en commémorant le 50e anniversaire de la guerre d’Algérie, que les passions ne se sont pas encore tues. Peut-on faire œuvre d’historien comme vous le faites, dans ces conditions-là ?
Benjamin Stora : C’est très difficile. Cette question nous fait entrer directement dans le vif du sujet puisque, 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, les accords d’Évian, le départ des Européens, les passions, les souffrances, les mémoires restent toujours aussi vives. Blessées, difficiles, séparées, parallèles, contradictoires, parce que tout le monde garde en tête des visions différentes de cette histoire. Des visions qui sont celles pour les uns d’un abandon, d’une trahison, d’un chagrin, et pour les autres, au contraire, quelque chose de tout à fait inévitable, de logique, de nécessaire. C’est la question de l’indépendance au terme d’une guerre qui a été très cruelle. Et ces deux visions-là n’arrivent pas véritablement à se concilier ou à se réconcilier 50 ans après.
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Benjamin Stora : "Guerre d'Algérie, la déchirure" in "La Provence.com". 29 mars 2012
Spécialiste de la Guerre d'Algérie, l'historien participe samedi au colloque organisé ce week-end à Marseille par "Marianne".
Ayant tout perdu, les Pieds-Noirs, dont la plupart sont de condition modeste, seront souvent accueillis comme des pestiférés à Marseille.
Avec le recul d'un demi-siècle, la Guerre d'Algérie était-elle inévitable ?
"Je pense qu'il est difficile de répondre à cette question. Il y avait un tel blocage, tellement de réformes étaient inabouties, des revendications étaient tellement confrontées à des refus, que cette guerre paraît inévitable... Alors que dix ans auparavant, il y avait eu les massacres de Sétif, la situation n'avait pas changé fondamentalement en Algérie. À cela s'ajoute le contexte général qui est celui de la décolonisation, qui avait déjà démarré au Maroc, en Tunisie et bien sûr en Indochine. Il y a donc des enjeux nationaux et internationaux, des mouvements qui font que globalement, je vois mal comment l'Algérie aurait pu éviter la guerre...
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Benjamin Stora à “Liberté” : “Le discours de Messali du 2 août 1936 est un marqueur du mouvement nationaliste” In "Liberté" 19 septembre 2011.
“Le discours de Messali Hadj du 2 août 1936, prononcé au stade municipal d’Alger, peut être considéré comme étant un marqueur dans l’histoire du nationalisme algérien”, a déclaré à Liberté l’historien et chercheur Benjamin Stora, l’un des plus importants spécialistes français de l’histoire de l’Algérie contemporaine, auteur de nombreux ouvrages consacrés au mouvement nationaliste algérien.
Présent à Tlemcen où il a participé au colloque international sur Messali Hadj intitulé “Cette terre n’est pas à vendre”, Benjamin Stora, répondant à une question sur le retentissement de ce discours, a ajouté : “pour au moins deux raisons, il a été un marqueur : il y a d’abord le fait que le nationalisme indépendantiste radical était né dans les milieux de l’émigration ouvrière en France avec l’étoile nord-africaine. Le 2 août 1936, le centre de gravité du nationalisme algérien radical se déplace de la métropole coloniale vers l’Algérie, c'est-à-dire vers le territoire d’origine, c’est un déplacement extrêmement important.
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Benjamin Stora. Historien : « C’est une leçon de tolérance et d’humanisme » in El Watan, septembre 2011
Propos recueillis par Nadjia Bouzeghrane pour El Watan.com
Nadjia Bouzeghrane : Alors que l’immigration maghrébine est appréhendée sous un angle restrictif et négatif, Les hommes libres, le film d’Ismaël Ferroukhi, auquel vous avez collaboré, montre un aspect méconnu de l’immigration algérienne pendant l’entre-deux guerres et durant la Seconde Guerre mondiale, celui de sa participation à la résistance à l’occupation nazie. Comment expliquez-vous que ce volet de l’histoire de l’immigration algérienne soit peu connu ou occulté ?
Benjamin STORA : Les immigrés algériens en France étaient environ près de cent mille, au moment où éclate la Seconde Guerre mondiale. Certains vont fuir après la débâcle de mai 1940, mais beaucoup resteront sur place, pris au piège. Quelques milliers seront ensuite envoyés pour construire le «Mur de l’Atlantique».
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Les immigrés algériens en France, une histoire politique. Un livre de Benjamin Stora in Le Soir d’Algérie, septembre 2010
Histoire politique de l’immigration algérienne, entretien avec Benjamin Stora
Propos recueillis par Meriem Nour
Les éditions Hachette Littérature ont réédité, en août 2009, sous le titre : Les immigrés algériens en France. Une histoire politique, l’ouvrage de Benjamin Stora paru en 1992 chez Fayard, Ils venaient d’Algérie [1], version condensée d’une thèse de doctorat d’Etat, soutenue par l’auteur en 1991, sous la direction de Charles Robert Ageron. Benjamin Stora est professeur des universités à Paris XIII et à l’Inalco. Il a publié une trentaine d’ouvrages qui portent principalement sur l’histoire du nationalisme algérien, l’immigration et la guerre d’indépendance. Ses deux ouvrages récemment publiés en 2009 sont : Le Mystère de Gaulle, son projet pour l’Algérie (Ed Robert Laffont), et Les Immigrés algériens en France, une histoire politique (1912-1962).
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Le "89" arabe, Réflexions sur les révolutions en cours. Dialogue avec Edwy Plenel in Jeune Afrique (juin 2011)
L'historien et spécialiste du Maghreb publie un livre d'entretien autour du « printemps arabe ». Un bouleversement radical qu'il juge irréversible et qui traduit la volonté des citoyens de prendre enfin en main leur propre destin.
Propos recueillis par Renaud de Rochebrune pour Jeune Afrique (juin 2011).
Qui ne connaît son nom ? Professeur d'histoire du Maghreb contemporain à l'université Paris-XIII, auteur d'une trentaine d'ouvrages, Benjamin Stora fait autorité depuis un bon tiers de siècle dès qu'il est question de l'Algérie, pays auquel il a consacré ses premières recherches. Mais il est aussi depuis fort longtemps un spécialiste de l'immigration en France et surtout l'un des observateurs les plus aigus des évolutions du monde arabe. Il ne pouvait donc qu'être particulièrement attentif aux révolutions et aux révoltes qui ont eu lieu, qui sont en cours ou qui couvent au Maghreb et au Moyen-Orient.
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L'exigence de liberté dans le monde arabe Interview in 20 minutes, 04/02/2011.
05 Février 2011 Par Benjamin Stora - Interview in 20 minutes, 4 février 2011.
Ils n’en sont pas au même point, ils n’ont pas le même système politique, ni la même histoire, mais plusieurs pays du monde arabe sont actuellement en proie à des troubles. Après la Tunisie, l’Egypte est en pleine insurrection, les Yéménites sont dans la rue, l’Algérie connaît des grèves à répétition et une manifestation est prévue le 20 février au Maroc… Le monde arabe est-il en train de faire sa révolution? Réponse avec Benjamin Stora, professeur des universités, spécialiste du Maghreb et auteur de Bibliographie de l’Algérie indépendante 1962-2010 (Editions du CNRS 2011).
Le monde arabe compte 22 Etats très différents, qui vont de la Mauritanie à l’Oman, qu’est-ce qui les rassemble ?
La langue - l’arabe - la religion musulmane, dominante dans une majorité de ces pays, et dans l’histoire récente, le nationalisme arabe issu des combats contre la colonisation (française pour l’Algérie, le Maroc et la Tunsie, anglaise pour l’Egypte, italienne pour la Libye…). Tout cela a forgé une histoire, un imaginaire, une sensibilité identiques.
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La Fabrique de l’Histoire / Histoire de la guerre d’Algérie Transcription, par Taos Aït Si Slimane, de l’émission de France Culture, "La Fabrique de l’Histoire" 15/12/2010
Transcription, par Taos Aït Si Slimane, de l’émission de France Culture, « La Fabrique de l’Histoire », par Emmanuel Laurentin, du mercredi 15 décembre 2010, qui avait pour thème, « Histoire de la guerre d’Algérie » / « Archives autour du Cinéma et la guerre d’Algérie »
Présentation sur le site de l’émission : Pour cette troisième émission de la semaine, nous écoutons de nombreuses archives tirées de films documentaires, d’actualité ou de fiction traitant de la guerre d’Algérie. Car, contrairement à une idée reçue, ce conflit a produit un grand nombre d’images, après le conflit mais aussi pendant.
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France-Algérie : la guerre des mémoires in la revue l'Histoire sept 2010
Deux événements récents, la création de la “Fondation de la mémoire de la guerre d’Algérie” et l’abandon – provisoire ? – du projet de loi algérien de “criminalisation du colonialisme français”, ainsi que la sortie de deux films, Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, et Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, montrent, par les réactions qu’ils ont suscitées, que la mémoire de la guerre d’Algérie est devenue un enjeu politique important.
Nous reprenons ci-dessous, un entretien donné par Benjamin Stora [1] au magazine L’Histoire, où l’historien évoque la réactivation des mémoires auquel on assiste depuis quelques années des deux côtés de la Méditerranée. Il fait le point sur les enjeux des “conflits mémoriaux” qui se développent non seulement entre la France et l’Algérie, mais également à l’intérieur de chacun de ces deux pays.
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«Des victimes françaises de l’histoire algérienne» - Par Didier PÉRON in Libération 25/09/2010
Interview LIBERATION samedi 25 septembre 2010
Benjamin Stora (1), spécialiste de l’Algérie contemporaine, a été très sollicité au sujet du Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb, dont il souligne les multiples erreurs. Nous l’avons interrogé sur le plan élargi d’un débat post-colonial avec le film de Xavier Beauvois sur les moines sacrifiés en Algérie, Des hommes et des dieux, qui, lui, n’a soulevé aucune discussion.
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La Guerre d’Algérie in Les lundis de l’histoire par Michelle Perrot, décembre 2008
En texte intégral, une transcription de Taos Aït Si Slimane.
A propos de : « Les guerres sans fin. Les historiens, la France et la guerre d’Algérie », Paris, Stock, 2008, de Benjamin Stora et « La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne », Paris, Autrement, 2008, sous la direction de Sylvie Thénault (avec Raphaëlle Branche).
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Rencontre avec Benjamin Stora. Entretien réalisé par Anne Mathieu & Anne Renoult, in la revue ADEN - Juin 2009
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"Je n’ai jamais cru à la vérité définitive par la parole historienne" in Algérie News - Juin 2010
Benjamin Stora était à Alger samedi et dimanche derniers. L’historien a rencontré samedi 5 juin quelques-uns de ses lecteurs à la librairie du Tiers-Monde à l’occasion de la vente-dédicace de deux de ses ouvrages réédités à Alger par Sédia, Le Mystère De Gaulle, son choix pour l’Algérie et La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie. Dimanche 6 juin, il était au Centre culturel français (CCF) pour une conférence-débat autour de son dernier livre. Une opportunité pour discuter à bâtons rompus avec lui de son actualité éditoriale algérienne et de questions relatives à ses travaux de recherche sur le fait colonial en Algérie.
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Benjamin Stora parle des "Trois exils juifs d'Algérie" - in "Le Soir d’Algérie" - Mai 2008
"Les Trois exils juifs d'Algérie" est le nouveau livre de l'historien Benjamin Stora. Portrait de groupe sur une photo prise à la veille de la Première Guerre mondiale. Deux générations de français, «pas tout à fait comme les autres», disent par leur tenue vestimentaire le passage de l'Histoire. Les uns sont vêtus à l'indigène, comme on disait alors, les autres à l'européenne. Il s'agit de la famille maternelle de l'auteur et entre les deux générations le décret Crémieux du 24 octobre 1870 a accordé aux Juifs d'Algérie la nationalité française.
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Pascal Bruckner-Benjamin Stora : contre l'oubli, la mémoire ou l'histoire in Le Figaro
LE FIGARO. - Les députés viennent de voter une loi pénalisant la négation du génocide arménien. Pourquoi dites-vous que la France, en creusant sa mémoire, s'adonne à un « dolorisme d'enfant gâté » ?
Pascal BRUCKNER. - En France, pendant plusieurs années, l'État s'est fait le dépositaire de la vérité historique. Il a fallu attendre 1995 pour que Chirac reconnaisse la réalité du gouvernement de Vichy, et 1999 pour que les événements survenus en Afrique du Nord soient appelés « guerre d'Algérie ». La loi de 2005 sur les bienfaits supposés de la colonisation, abolie depuis, appartient à ce même mouvement.
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Débat Benjamin Stora - Max Gallo - L'identité nationale, c'est quoi ? in l'express, avril 2007
Les incidents de la gare du Nord ne sont-ils pas une nouvelle illustration de la fracture entre une partie de la nation, celle des quartiers sensibles et déshérités, et la France institutionnelle ?
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