SORTIES 2013 

Poche-Les-guerres-sans-fin
Les guerres sans fin.
Un historien,
la France et l’Algérie

Réédition en livre
de poche,
octobre 2013.


Camus-brulant

Camus brûlant,
par Benjamin Stora
Jean-Baptiste Péretié
 


histoire-des-relations-entre-juifs-musulmans

Histoire des relations
entre juifs
et musulmans
des origines
à nos jours.

SORTIES 2012

Benjamin_stora_Voyages-en-postcolonies 

Voyages en
postcolonies
Viêt Nam, Algérie,
Maroc

GA-Explique--tous-couv_guerre_algerie

La Guerre d'Algérie
expliquée à tous


histoire-de-lalgerie-stora

Histoire de l’Algérie
XIXe - XXe siècle

Éditions
La Découverte,
coffret 3 volumes

SORTIES 2011

Couv-Jap-Edit-Alg

 

Italie-guerre-dAlgrie
La guerra d'Algeria


rg-contre-fln
La guerre de l'ombre :
RG contre FLN


CouvDenoel02
La guerre d'Algérie
vue par les algériens.
Des origines à
la bataille d'Alger.

 

Couv-Le89Arabe
Le « 89 » arabe,
Réflexions sur les
révolutions en cours.
Dialogue
avec Edwy Plenel.


BiblioAlgerie
Bibliographie
de l’Algérie
indépendante
(1962-2010)


Couv-Mitterrand-et-la-guerre-dAlgerie-couv-bande

François Mitterrand
et la guerre d’Algérie


stora_Algerie_1954-1962

Algérie 1954-1962.
Lettres, carnets et
récits des Français
et des Algériens
dans la guerre

Grand Prix des
lectrices"ELLE"

L'exigence de liberté dans le monde arabe Interview in 20 minutes, 04/02/2011.

05 Février 2011 Par Benjamin Stora - Interview in 20 minutes,  4 février 2011.

Ils n’en sont pas au même point, ils n’ont pas le même système politique, ni la même histoire, mais plusieurs pays du monde arabe sont actuellement en proie à des troubles. Après la Tunisie, l’Egypte est en pleine insurrection, les Yéménites sont dans la rue, l’Algérie connaît des grèves à répétition et une manifestation est prévue le 20 février au Maroc… Le monde arabe  est-il en train de faire sa révolution? Réponse avec  Benjamin Stora, professeur des universités, spécialiste du Maghreb et auteur de Bibliographie de l’Algérie indépendante 1962-2010 (Editions du CNRS 2011).

Le monde arabe compte 22 Etats très différents, qui vont de la Mauritanie à l’Oman, qu’est-ce qui les rassemble ?
La langue - l’arabe - la religion musulmane, dominante dans une majorité de ces pays, et dans l’histoire récente, le nationalisme arabe issu des combats contre la colonisation (française pour l’Algérie, le Maroc et la Tunsie, anglaise pour l’Egypte, italienne pour la Libye…). Tout cela a forgé une histoire, un imaginaire, une sensibilité identiques.

A l’inverse, qu’est-ce qui les sépare?
Chacun a des traditions nationales différentes, selon qu’il se situe au Maghreb (avec la présence de culture berbère) , qu’on appelle l’Occident musulman, ou au Machrek , l’Orient arabe. Il y a également des  différences du point de vue de la nature des Etats, avec des monarchies (Maroc, Jordanie…) et des Républiques (Tunisie, Egypte, Algérie, Syrie, Libye…). Ce sont surtout elles qui ont dérapé ces derniers temps en devenant presque des “républiques dynastiques”, des monarchies en quelque sorte. Leur point commun: une emprise de l’armée sur le système politique. Aujourd’hui, elle se confond avec l’Etat.

Est-ce cela qui a nourri la contestation dans ces pays ?
Oui. Le monde arabe a une aspiration profonde à la liberté. La population souhaite parvenir à un Etat de droit et en finir avec un régime autoritaire  qui a confisqué l’indépendance des pays, avec le soutien de l’Occident. Plus que des questions économiques, ce qui est au centre des revendications c’est la liberté individuelle, la liberté de conscience.

Pourquoi ce désir s’exprime-t-il maintenant ?

En réalité, il a commencé avec la mobilisation démocratique contre le trucage des élections en Iran en 2009. Je pense qu’on assiste là à une onde de choc différée de la chute du mur de Berlin. Elle avait atteint l’Algérie dans les années 90, cela a été un échec. Mais là, le processus repart. L’Egypte est le coeur du monde arabe, ce qui s’y passe est le signe d’un mouvement très important, d’une impulsion. On est face à une individualisation de la société, plus urbaine et connectée à la mondialisation culturelle et économique.

Malgré tout, l’avenir de ce mouvement reste incertain…
Tout à fait. Les Etats ne vont pas tous s’effondrer par une sorte d'effet domino mécanique. La question reste : est-ce que l’Occident va soutenir ces mouvements démocratiques ? La transition va être très difficile. Le seul espace de contestation pendant très longtemps a été l’islam politique, laissant très peu de place à l’émergence de pôles et d’élites intermédiaires. Mais le monde a évolué. Le modèle de référence n’est plus le modèle théocratique iranien, qui a durement réprimé le mouvement démocratique de 2009. Aujourd’hui, c’est le modèle turc qui domine, soit l’association entre une armée garante de la laïcité et des islamistes qui la respectent. Entre les deux, émergent petit à petit des acteurs intermédiaires, des journalistes, des écrivains… Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura un avant et un après les évènements en Tunisie et en Egypte.

Propos receuillis par Catherine Fournet

 

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