L'équipe du CENEL

En 2012-2013, le CENEL comprend 15 enseignants-chercheurs titulaires et 23 doctorants.

Directrice : Anne LARUE
Trésorière : Mathilde LEVEQUE
Responsable du site Internet : Magali NACHTERGAEL 

L'équipe du CENEL :

Enseignants chercheurs

Doctorants

Professeurs invités 2013-14 :

Sophie HEYWOOD (University of Reading)

Actualité des publications individuelles

Marie-Anne PAVEAU

Langage et morale. Une éthique des vertus discursives, éd. Lambert Lucas, 2013, avec une préface de Sophie Moirand.

41XU96YF67L._Cet ouvrage traite de la dimension morale des énoncés. Dans le sens commun, il existe de bons et de mauvais énoncés, identifiés selon une morale sociale relative aux époques et aux cultures : tout locuteur européen maîtrisant les codes discursifs de son environnement sait que, en principe, l’insulte, la diffamation ou le mensonge sont de « mauvais » énoncés alors que le compliment, la « gentillesse » ou la réponse généreuse à une demande d’aide ou d’information sont de « bons » énoncés.

Dans les disciplines savantes qui s’occupent du langage et de la parole, il n’existe rien de tel : la question morale n’appartient pas au programme de la linguistique, de l’analyse du discours ou de l’analyse conversationnelle ; la morale semble l’affaire des philosophes. Pourtant, le développement des travaux en éthique et en épistémologie depuis une soixantaine d’années ont considérablement modifié la définition des catégories de pensée. Pour le courant pragmatiste et pour l’épistémologie des vertus, qui se situent dans la lignée aristotélicienne, la vertu morale et la vertu intellectuelle sont enchevêtrées, et même parfois confondues : l’honnêteté par exemple, peut-être considérée comme une vertu intellectuelle et morale tout en même temps.

C’est à partir de ces deux courants philosophiques que l’on élabore la notion de vertu discursive, assortie de celles d’ajustement, de décence et de réflexivité discursives, afin de dessiner les linéaments d’une théorie morale du discours. À partir de l’étude de nombreux exemples contemporains (années 2000) d’événements discursifs moraux, c’est-à-dire de débats déclenchés à partir d’un mot ou d’une phrase ayant suscité une indignation morale, on avance qu’un énoncé témoigne d’une vertu discursive quand il est ajusté à ses environnements, en particulier aux critères de décence qui y ont cours, et quand il témoigne de la réflexivité discursive de son producteur.

 

Anne LARUE

Dis Papa, c'était quoi le patriarcat? Paris, éd. Ixe, mars 2013, avec une préface de Geneviève Pruvost.

DisPapac-estQuoiLePatriarcat«Comment penser autrement? Comment sortir du sillon, c'est-à-dire, au sens propre, "délirer"? Comment penser hors des sentiers balisés par une idéologie plusieurs fois millénaire? Le projet paraît perdu d'avance. Pourtant l'histoire – et la préhistoire – peuvent nous aider à revenir sur certaines idées toutes faites, et nous apprendre pas à pas, une pièce après l'autre, à démonter le grand mécano.

Cet essai envisage le patriarcat comme une «mégacivilisation» confondue avec l’ordre du monde. Par une prodigieuse opération de propagande menée sous l’égide d’institutions taillées pour le servir (la religion, la famille, la propriété), il a longtemps imposé sa conception de la vie, de la mort, de l’art. La littérature a largement contribué à accréditer l’idéologie qui le structure. Après tout, elle est partie prenante de la  «civilisation du Livre»!

Voilà près de quatre mille ans que les « grands textes fondateurs », les épopées et le tout-venant des chefs-d’œuvre célèbrent la figure du héros en remettant sur le métier le vieux scénario à la gloire d’Un Seul – de sa lignée, de sa vaillance et de sa force. Mais le souffle épique se fait court et cela s’entend dans la langue, qui désormais s’insurge contre la fausse neutralité d’un masculin arrogant. La patriarquie a beau contre-attaquer, plus elle résiste, plus son manteau craque aux coutures. Comme le tee-shirt de Spiderman ! jubile Geneviève Pruvost dans son avant-propos.

Cette civilisation de la domination (du chef sur tous, des hommes sur les femmes, des adultes sur les enfants, des humains sur les animaux) se prétendait éternelle, et elle se sait aujourd’hui menacée de disparition. Pour la voir en future Atlantide, il faut, imitant Anne Larue, ôter les lunettes qui donnent au réel l’apparence de la nécessité et observer les choses telles que nous les vivons. L’exercice passe par une relecture décapante des best-sellers patriarcaux du passé (L’épopée de Gilgamesh, l’Iliade, le Code de Hammurabi), assortie d’un examen panoramique des comics américains, de la littérature contre-utopique et de la science-fiction.

 

Magali NACHTERGAEL

Les Mythologies individuelles. Récit de soi et photographie au 20e siècle, Amsterdam - New York, Faux Titre, Rodopi, avril 2012 (compte rendu sur Fabula.org).

couverture_mythologies_individuellesLa mythologie individuelle surgit au 20e siècle en même temps que le culte du moi. En hybridant récit de soi et photographie, l’individu moderne met en scène l’histoire de son identité. Le terme apparaît d’abord dans le monde de l’art lorsque Harald Szeemann désigne sous ce nom les œuvres de Christian Boltanski et Jean Le Gac. Mais les photo-récits autobiographiques ont marqué tout l’imaginaire du 20e siècle, de Nadja d’André Breton aux aventures de Sophie Calle, en passant par le consacré album de famille. Caractérisé par l’écriture fragmentaire, l’archive et sa dimension intime, ce dispositif narratif en images conduit à reconsidérer le rôle de Mythologies de Roland Barthes dans ce processus de construction de soi par l’image. Cet essai retrace la généalogie, l’invention et la diffusion d’une nouvelle façon de se raconter qui interroge directement la représentation de l’identité depuis l’apparition de la photographie.

 


Mathilde LÉVÊQUE

Écrire pour la jeunesse en France et en Allemagne dans l'entre-deux-guerres, Presses Universitaires de Rennes, 2011, publié avec le soutien du CENEL (compte rendu sur Strenae).

ecrire_jeunesseQuel bilan tracer du renouvellement de la littérature pour la jeunesse, en France et en Allemagne, à la fin des années 1930 ? Cet ouvrage s'intéresse aux nouvelles thématiques liées aux mutations du monde moderne, aux nouveaux regards portés sur l'enfance, aux réflexions sur les techniques littéraires et à la modernité des choix esthétiques et graphiques. Crise, montée du nazisme, exil d'auteurs allemands, Front populaire, montée des périls jouent un rôle majeur. Entre idéologie, pédagogie et narration, on peut ainsi voir se dessiner une écriture nouvelle pour la jeunesse, l'écriture utopique, l'une des caractéristiques de la modernité littéraire pour la jeunesse de l'entre-deux-guerres.

Avec une préface d'Isabelle Nières-Chevrel.

 

 

 

Marc KOBER

Un hareng dieppois à Fécamp, Collection Plis Urgents – n°24

hareng_dieppois_fecamp

Présenté en enveloppe comme un prêt à poster, avec son timbre d'artiste. Papier vergé.
En jaquette, 40 pages reliées couture plate.

« Ce sont des poèmes
Maculés de graisse noire
Où luit l'écaille dorée
Que murmure l'épouse
A l'oreille de l'époux »

« L'épouse échouée sur les draps du matin
Encourage son rouquin à mâcher le hareng
Doré
Et leur amour fume »
...//

Aut. : Marc Kober  / Illust. : Olivier O. Olivier

pdf_button Quatrième de couverture

Anne LARUE

La vestale du Calix, coll. La Dentelle du cygne, ed. l'Atalante, 2011.

vestale_calix

Anna, une vestale consciencieuse mais émotive, est condamnée à mort pour avoir brisé un vase sacré – le fameux calix Esclarmonde. Son savant fou de maître la fait «décorporer» à son insu. L'expérience réussit et elle surgit indemne à une autre époque, où il perd sa trace.

En l'an 4666, Anna, devenue «costumière tradi» chez Thomasine Couture, habite avec Ankh Delafontaine, belle blonde médiéviste, et elle monte à cheval à Étampes. Le bonheur. Elle en viendrait à se convaincre qu'elle n'a pas rejoint le monde au-delà de la mort, quand tout se complique à nouveau.

Anna et Ankh sont arrêtées pour ne pas avoir assisté à un match de trimslop, puis une cavalière est assassinée. L'enquête conclut à la mort d'Anna.

Entre alors en scène Holinshed, un cheval extrêmement stylé qui effectue des missions en freelance pour les humains à travers le temps...

Pour tous ceux qui aiment Paris, la fin du monde, les chevaux, le camping, Simone de Beauvoir... et un peu moins le football.

Illustrateur : Genkis

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