Regardez-moi, autoportraits contemporains

décembre 2016

5dec - 9Toute la journéeRegardez-moi, autoportraits contemporainsUniversité Paris 13 - Campus de Villetaneuse - Café expoType d'événement:Expositions,_

Quand ?

5 (Lundi) - 9 (Vendredi)

Où ?

Université Paris 13 - Campus de Villetaneuse - Café expo

Détails de l'événement

Affiche de l'exposition "Regardez-moi"Regardez-moi

« Regardez-moi. Autoportraits contemporains » est le fruit du travail des étudiantes du master 2 Pro MTI (Métiers du texte et de l’image) de l’université Paris 13, de la conception scientifique à la réalisation technique. Partant d’un thème imposé, « la représentation de l’artiste par lui-même », la préférence a été accordée à l’époque contemporaine (XXe et XXIe siècles) et le choix s’est porté sur 13 artistes (retenus par chacune des 13 étudiantes) ayant travaillé dans le domaine de la photographie, de la sculpture, de la peinture, du cinéma ou des nouveaux médias. La célébrité de la plupart d’entre eux n’a bien sûr pas permis le prêt, dans le cadre d’un projet pédagogique, d’oeuvres originales, ce qui explique la présence ici de reproductions de format réduit, favorisant un dialogue intimiste avec le spectateur. « Regardez-moi » est une invitation à s’interroger sur l’identité et le statut de l’artiste, sur la fabrication et la perception de l’autoportrait, mais aussi sur le devenir d’un genre à une époque où selfies et applis consentent à tous de se représenter soi-même.

L’autoportrait

Si l’autoportrait est une pratique courante à l’époque contemporaine, celle-ci a mis plusieurs siècles à s’imposer dans toutes les catégories sociales. Parmi les premiers artistes à avoir réalisé des autoportraits, Pline l’Ancien mentionne en Grèce Théodore de Samos et à Rome Lala de Cysique (représentée parmi les Femmes illustres de Boccace en train de se peindre à l’aide d’un miroir). À la Renaissance, le développement des représentations d’artistes à Florence et en Italie centrale au cours du XVe siècle s’explique par la volonté de reconnaissance des artistes, génies créateurs et doctes, et non plus simples artisans. De Van Eyck à Van Gogh et de Rembrandt à Gina Pane, en passant par Dürer, Caravage, Vigée- Lebrun, Courbet, Schiele ou Dali, l’histoire de l’art a laissé des images d’artistes qui vont bien au-delà de la reproduction physionomique. Portrait physique, portrait psychologique, portrait comme aspiration ou revendication sociale, portrait comme trompe-l’oeil ou dialoguant avec le spectateur… Et portrait comme affirmation ou négation de soi. Car en effet, à partir de l’époque moderne, l’autoportrait est définition de l’identité : identité spécifique (l’artiste appartient à un groupe, dont il partage un certain nombre de traits communs), identité quantitative (l’artiste est différent des autres, des « non artistes ») et identité qualitative (l’artiste est un et un seul).

Les autoportraits présentés dans l’exposition ont été regroupés selon différentes thématiques. « Fabriquer l’autoportrait, fixer les traits » rassemble des oeuvres de Vivian Meier et d’Ilse Bing, deux femmes photographes qui se sont représentées avec leurs instruments de travail, l’appareil photo et le miroir. Il s’agit de portraits physiques, physionomiques. « Nés sous le signe de Saturne » (pour reprendre le titre du célèbre ouvrage des Wittkower sur la psychologie de l’artiste) regroupe les travaux d’Esther Wuhrlin, Bryan Lewis Saunders et Cindy Sherman et présente une esthétique de la laideur ou de la dépravation. Les traits se brouillent sous l’effet de la drogue et du vin, et l’artiste s’insurge contre un idéal de beau et de bon. « Je est un autre » (Rimbaud) montre l’artiste travesti, à la fois narrateur et acteur de l’action qu’il a définie (ici Alfred Hitchcock). L’oeuvre de Rosa Rolanda illustre en revanche la dimension biographique et psychologique de l’autoportrait dans la section « Psyché ». Enfin le thème « Vers une disparition de l’autoportrait » qui regroupe des artistes aussi divers que Ron Mueck, Jean-Michel Basquiat, Sébastien Del Grosso, Min Jun et Gustavo Ortiz aborde la question de la négation de l’identité (à travers le masque, la cagoule, la dissimulation ou l’effacement des traits), de la censure et de la mort et pose la question du statut de l’artiste, mais aussi de la pertinence, à l’époque contemporaine, du recours à l’autoportrait.

Université Paris 13

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